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- Que se passe-t-il ?...Alan ?

A présent toute la maison semblait prise de tremblements. Un vrai séïsme, les cadres tombaient et la sellette sur laquelle se trouvait le vase de porcelaine préféré d’Eilen s’inclina contre le mur avant de laisser glisser son précieux trésor. Les morceaux s’éparpillèrent dans tout le couloir. Eilen et Philippe Axton, alertés par ce vacarme nocturne sortirent de leur chambre, évitant de se blesser avec les débris de porcelaine acérés qui jonchaient le sol.
- Qu’est ce qui vous arrive ? demanda Philippe, à peine réveillé, mais accusateur. Eilen se tenait derrière lui, tenant contre elle un peignoir rose délavé. Lorsqu’elle comprit la situation, elle se rua vers la porte, collant sa joue contre le bois veiné et se mit à hurler.

- Alaaaan!

Philippe était devenu extrêmement pâle.

- Fais le sortir de là immédiatement!

Des larmes inondaient le visage d’Eilen. Il ne l’avait pas vue ainsi depuis la mort de sa mère. Il se mit à chercher la clef parmi les morceaux de porcelaine mais réalisa vite qu’Alan avait dû la garder avec lui. A son tour, écartant Louis, il tenta de faire tourner la poignée.
L’intensité lumineuse ne cessait de s’étendre de l’autre côté, accompagnée de bruits étranges, électriques. Elle semblait souder la porte de l’intérieur.
Lorsqu’Alan se mit à crier, Philippe n’hésita pas. Il prit son élan et essaya de défoncer la porte. Le premier coup força sur la serrure, mais celle-ci était solide et ne bougea pas. La douleur fusa dans son épaule, mais il recommença. Le second coup fit sauter une partie de la carrée sur laquelle reposait le pêne, et la porte s’ouvrit en grand, cognant contre le mur, encastrant la poignée dans le plâtre tendre.
Philippe disparut à l’intérieur, dans un fracas causé par sa rencontre involontaire avec le bureau. La clarté était aveuglante et trouvait sa source au centre de l’écran. Alan se trouvait devant. Un mot clignotait, que lui seul pouvait lire: “Transfert”. D’où il était, Louis ne pouvait distinguer que les contours du petit, et il était impossible de fixer ce point lumineux. Eilen courut vers son fils et l’attrapa par les épaules. Elle s’accroupit devant lui pour le protéger. Des feuilles volaient, tourbillonnaient atour d’eux. Philippe s’était glissé derrière le bureau. Il cherchait le fil d’alimentation. A tâtons, il trouva la prise de courant. Il attrapa le fil et tira, arrachant la vie à cette machine infernale. Personne ne vit les derniers mots affichés.



A suivre...